En matière de frites croustillantes et savoureuses, Sophie Coindre a fait sensation. Couronnée « championne du monde de la frite » dans la catégorie familiale lors d’un concours à Arras, elle n’a pourtant rien d’une professionnelle de la restauration. Kinésithérapeute et passionnée, elle a surpris tout le monde avec une méthode à contre-courant. Son secret ? Oublier l’huile de tournesol pour un ingrédient aussi ancien qu’efficace.
Un ingrédient inattendu : le saindoux
Exit l’huile de tournesol ou de colza ! Pour frire ses pommes de terre, Sophie Coindre fait confiance au saindoux, un gras de porc naturel utilisé depuis des générations. Ce choix audacieux lui apporte un avantage indéniable : un goût riche, authentique et une texture ultra croquante.
On trouve facilement du saindoux au rayon frais des supermarchés, mais Sophie privilégie une version bio et artisanale, achetée chez le charcutier du coin. Grâce à cette matière grasse particulière, ses frites se démarquent par une saveur qui rappelle celles des anciennes friteries belges.
Le choix de la bonne pomme de terre
Une frite exceptionnelle commence toujours par un bon tubercule. Sophie mise sur la Marabel, une variété à chair farineuse cultivée localement à Meistratzheim, en Alsace. Mais elle précise qu’une Bintje conviendra tout aussi bien.
- Type : Chair farineuse
- Variétés recommandées : Marabel ou Bintje
- Origine privilégiée : Producteur local
Et elle ne les épluche même pas ! Elle brosse simplement la peau dans un baquet d’eau afin d’en garder tous les arômes.
La découpe, un détail qui change tout
Chaque tranche compte. Sophie découpe ses pommes de terre en tranches de 8 mm d’épaisseur, puis les recoupe en formes régulières. L’astuce la plus surprenante ? Ne pas rincer les frites après les avoir découpées.
« Si vous ne les passez pas dans l’eau, elles gardent leur amidon : c’est ça qui fait la croûte ! », confie-t-elle dans une interview. À la place, elle les sèche simplement avec un torchon propre.
Deux bains pour une texture parfaite
La cuisson se fait en deux étapes clés, toutes deux dans le saindoux :
- Première cuisson : 10 minutes à 140°C
- Repos : Temps de pause crucial, plus il est long, mieux c’est
- Deuxième cuisson : À 180°C, jusqu’à obtenir une belle coloration dorée
Une fois sorties de leur bain chaud, les frites sont prêtes à régaler les palais les plus exigeants. Et le jury du championnat ne s’y est pas trompé.
Une méthode à l’ancienne qui séduit encore
Dans un monde où le végétal prend de plus en plus de place, le saindoux fait ici un retour discret mais remarqué. Non seulement il donne du goût, mais il permet aussi une cuisson plus stable, sans fumée excessive. Une belle leçon de simplicité et d’efficacité.
Sophie Coindre prouve ainsi qu’on peut briller avec des méthodes traditionnelles, sans suivre les tendances du moment. Son duo avec Jean-Denis a remporté haut la main le seul prix amateur du concours, en apportant un vent de nostalgie bienvenu.
Le dernier mot ? Le croustillant
Avec des ingrédients simples, une bonne méthode et beaucoup de passion, les frites de Sophie sont devenues une référence. Ce croustillant intense, ce goût légèrement fumé, ce moelleux à cœur… C’est tout cela qui fait la magie.
Et si vous essayiez chez vous ? Il ne vous reste plus qu’à trouver du bon saindoux, une poignée de Marabel bien choisies… et un peu de patience.




